Maurice Lambert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Maurice LAMBERT   (1851 - 1933)

Docteur en Droit
Avocat à la cour d'appel de Besançon
Historien et écrivain

 


 

          Louis Marie Joseph Maurice LAMBERT voit le jour à Liesle le 16 juin 1851 dans une maison ayant appartenu jusqu'à la Révolution au Marquis de Champagne, co-seigneur de Liesle. 

     La famille originaire de Cernans (Jura) était établie à Liesle, où son père Louis LAMBERT était notaire.                                                                                                                
          Après avoir fait des études secondaires chez les Jésuites de Dole, Maurice LAMBERT étudie le droit à Paris. Il soutient sa thèse de licence le 6 août 1873 et ses thèses de doctorat en 1876.
        En 1874, il s’inscrit au Barreau de Besançon. De retour en Franche-Comté, il est nommé juge suppléant à Arbois.
       Après la parution des décrets du 29 mars 1880 relatifs à la dissolution de la Compagnie de Jésus en France "Maurice LAMBERT donne sa démission, sacrifiant ainsi à ses convictions, sans forfanterie, sans intérêt personnel, son avenir, ses légitimes ambitions" pour éviter de participer à des mesures prises contre ses anciens professeurs.

          Il rentre à Liesle, publie en 1881 une étude intitulée Les vrais défauts de l’Organisation judiciaire et de la Magistrature française, puis s’installe à Besançon et reprend son activité au barreau.

          En 1897, il publie une étude sur Les revendications du féminisme:

"Maurice LAMBERT fait preuve alors d’une particulière largesse d’esprit et du sens social le plus avisé. Il admet qu’aucune science ne doit être fermée aux femmes; même s’il estime que tous les emplois doivent en principe leur être réservés, il croit que la société ne gagnerait pas grand’chose à l’admission des femmes aux fonctions publiques, ni à leur présence dans les assemblées politiques..."

          Ses pairs l’élisent Bâtonnier en 1903 et 1904.

          C’est un écrivain juridique d’une particulière valeur, il annote certaines décisions judiciaires pour le Recueil de jurisprudence Dalloz et apporte une collaboration utile en ce qui concerne Le contrat de mariage et les obligations.

       Durant la Première guerre mondiale, il assume avec dévouement les défenses d'office ou d'assistance judiciaire.

           Dès 1891, en étudiant L’enseignement du Droit en Franche-Comté, il avait exposé tous les motifs qui permettraient à cette province de revendiquer une école de Droit.

          Son vœu se réalise trente ans plus tard : 

Le 8 novembre 1920, Maurice LAMBERT, unanimement désigné comme doyen, prononce le discours inaugural de la Faculté libre de Droit de Besançon. Il y enseigne comme professeur de Pandectes(1) jusqu’en 1927. (Cette faculté libre sera intégrée à l’Education Nationale à la fin des années soixante, par son ministre Edgar Faure.)

          Cette même année, il étudie Le papier-monnaie et la cherté des subsistances pendant la Révolution et aujourd’hui où il condamne nettement l’inflation, aussi bien moralement qu’économiquement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(suite)
    Admis à la Société d’Emulation du Doubs depuis 1879, il participe à la Conférence Saint François de Sales. Cénacle littéraire, cette conférence est très fermée, on y parle de la révision de la Constitution de 1875, de la crise agricole, de la poésie de Victor Hugo…

          Membre, de 1889 à 1933, de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Besançon (il en est président dès 1909), Maurice LAMBERT est remarqué pour son érudition. Il parle aussi bien du poète Frédéric Bataille que du Maréchal Moncey ou de l’humanité des savants comme Georges Cuvier ou Louis Pasteur. Il est de plus rédacteur pour les Annales franc-comtoises et conseiller municipal de Liesle pendant plusieurs années. Il a fait une étude sur la correspondance de Pierre Joseph Proudhon avec son cousin Melchior Proudhon.

          Il étudie aussi l’histoire de la Franche-Comté, publie Les Fédérations en Franche-Comté et la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 et entreprend un travail sur les Mémoires de Hugon d’Augicourt, comte de Poligny, travail que la mort ne lui permit pas d’achever. Hugon d’Augicourt, comte de Poligny, témoin oculaire de la chute de Charles X, vivait à Liesle dans le château, actuellement occupé par les Travailleuses Missionnaires.

          Durant sa retraite, Maurice Lambert sut se rendre utile et se consacra complètement à des œuvres sociales et charitables. Il s’intéressa particulièrement à l’œuvre des Petites Sœurs des Pauvres et fut l’un des créateurs du Cercle d’ouvriers, rue Ronchaux à Besançon.

          Intransigeant dans les discussions d’idées morales ou religieuses, il était d’une grande tolérance envers les personnes, estimant qu’il est toujours possible de s’entendre avec les "hommes de bonne volonté".

          Son dévouement, son désintéressement, sa haute conscience furent publiquement et tardivement reconnus; en 1932 il reçut la Croix de la Légion d’Honneur.                

          Il rendit son dernier soupir, le 12 février 1933, avant d’avoir achevé son dernier travail philosophique intitulé L’homme en face de l’éternité.

          "Ses obsèques à Liesle furent une pieuse manifestation de sympathie et de regret..."

          Dans son éloge funèbre, le bâtonnier Julien Durand dit de lui : "une de ces nobles figures qui sont la fierté et la parure de notre vieux pays et qui réunissent en elles tout ce que les générations de braves gens de France ont accumulé de droiture, de dignité, de finesse…"

          Et Léon Germain, conseiller à la Cour d’appel de Besançon, écrit : "aussi nous appartient-il, pour l’exemple des générations qui montent, d’évoquer le souvenir de cet infatigable travailleur, de ce parfait honnête homme, de ce grand chrétien dont la vie a toujours été droite comme le Devoir, simple et claire comme la Vérité ! ".

 


(1) Pandectes: recueil de décisions des jurisconsultes romains.

 

A partir d’archives, en particulier le Bulletin de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts - 2ème trimestre 1933.
Extrait du bulletin municipal "ad perpetuam memoriam" de janvier 2007 (texte : Jean JOURDAN).

Date de dernière mise à jour : 22/10/2011