Héraldique

heraldiques1.jpg"D’argent à trois fasces de gueules"

"Les chevaux de Lisle" c’est ainsi que l’on nommait les habitants de Liesle parce qu’ils étaient durs et résistants à la tâche. Ces qualités héritées du caractère comtois se retrouvent dans leur comportement, puisque fidélité à la patrie, courage, franchise... se lisent sur ce simple blason. De leur village, ils ont dû porter haut les couleurs qui ne sont pas sans rappeler celles d’un emblème cher aux ducs de Bourgogne.

      Aujourd’hui, tous les Francs-Comtois connaissent "le lion", symbole de la Comté adopté, en 1279 par Othon IV Comte Palatin de Bourgogne, pour marquer son rapprochement avec le royaume de France. Mais qu’en est-il de la croix bourgougnotte... ?

 

      En 1369, Philippe II le Hardi, quatrième fils du roi de France Jean II le Bon, épouse Marguerite de Flandre. Il possède en apanage le duché de Bourgogne tandis qu’elle est héritière des 5 comtés de Bourgogne : Ajoie, Escuens, Portois, Varais et Amous (ce dernier était habité, il y a bien longtemps, par les Amaous. Au cours du temps, un certain val des Amaous devient val des Amous, val d’Amous, val d’Amour...)

      Cet évènement de l’histoire, qui appartient à l’épisode de la guerre de 100 ans, permet de réunir "un instant" les 2 Bourgognes sous les couleurs de la France. Sur les champs de bataille, les troupes bourguignonnes (duché et comté) arborent, donc la croix blanche française face à l’ennemi qui portent la croix rouge de l’Angleterre.

      Au fil du temps, Philippe le Hardi, duc de Bourgogne devient le plus puissant prince de l’Europe. En 1393, il a même la charge politique générale du royaume de France, en raison de la folie du roi Charles VI son neveu. Ce qui n’est pas du goût de Louis d’Orléans, frère du roi.

      Par le jeu des mariages, les "Orléans" s’allient aux "Armagnacs" et les rivalités pour diriger la France croissent. Tant et si bien qu’au début du XVème siècle, la guerre civile fait rage. Le roi de France et les "Armagnacs" (croix blanche) font face aux "Bourguignons" de Jean sans Peur qui, pour se démarquer, adoptent une croix de Saint-André rouge (du nom de ce saint qui, dit-on, fut crucifié sur une croix transverse).

      En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, son vaste royaume est démembré. Le duché (Bourgogne actuelle environ) passe à la maison de France tandis que le Comté (Franche-Comté) devient propriété de sa fille, Marie de Bourgogne.

      Dans la nouvelle province française, l’usage de la croix bourguignonne est abandonné, mais il est maintenu sur les terres de Marie. Il s’intensifie même (plaques de cheminée, linteaux de porte...) lorsqu’elle épouse Maximilien de Habsbourg, le fils de l’empereur germanique.

      Les Comtois appartiennent à la maison de Bourgogne avant tout. Dès lors, cette croix devient le symbole de leur fidélité à Marie, aux ducs et surtout le signe d’une farouche opposition à la France. Car, les rois de France n’ont de cesse de s’accaparer cette contrée si convoitée et rebelle.

      Jusqu’à l’annexion en 1678, les Comtois n’ont jamais renié leur devise :

 

"Comtois, rends-toi - Nenni, ma foi